Argent

186 - Argent facile

Bonne nouvelle ! Un courrier dans la boîte aux lettres qui redonne le sourire... J'ai été présélectionné !

"Vous pourriez utiliser ce certificat pour obtenir 7 500$ aujourd'hui même" dixit la CitiFinancière dont la généreuse devise est "Les solutions d'aujourd'hui pour les rêves de demain". Une simple vérification des renseignements de crédit est nécessaire. Plusieurs phrases rassurantes précisent ensuite en caractères gras:
Un chèque vous sera remis sur le champ
Utilisez l'argent immédiatement ... comme bon vous semble
avec une précision, si on en veut davantage (genre 10 000$ !):
Demandez simplement et nous approuvons normalement le nouveau montant en 5 minutes.

Bref, facile et zéro contrainte.

CLIQUER POUR AGRANDIR

Citi_financire

Quelle apparente générosité ! Je tourne la page pour lire les modalités écrites - elles - en petits caractères. Et là, surprise. À la vingtième ligne, il est stipulé qu'un taux (TAP) de 29,5% sera appliqué sur les sommes empruntées. Ruineux évidemment .

Combien de personnes endettées cèdent à la tentation de contracter un nouveau prêt à ce taux scandaleux pour en rembourser un autre ? Comment se fait-il aussi que ce type de proposition (hameçonnage) soit autorisé ? Qui tombera dans ce type de piège ? Les personnes faibles et endettées bien sûr.

Ce thème avait déjà été abordé dans Le scandale des cartes de crédit en septembre 2007.

Générosité:  Sentiment partagé.
 

d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)

152 - Prix des fruits à Montréal

Restons dans l'univers de la distribution, cette fois-ci dans le rayon des fruits et légumes. Avec un constat bien triste: le prix excessif des produits proposés dans presque toutes les grandes enseignes de supermarchés à Montréal et les différences importantes entre ces supermarchés et certains détaillants. Pour vous convaincre (les Français surtout), comparatif avec quelques photos dans deux surfaces: un détaillant du boulevard St Michel et le Loblaws près de chez nous (où je vais devenir persona non grata, c'est sûr !).

Le choix porte sur des fruits de qualité et taille identiques avec origine comparable. Les prix sont en général en livre (454 g) et les relevés effectués à 24 heures d'intervalle le week-end dernier.

CLIQUER SUR LES PHOTOS POUR LES AGRANDIR (12 et 13/01/2008)

LES AVOCATS
Origine: Mexique - Grosseur: 20/ 22
Avocats_v1 Avocat_v2
Détaillant: 0,50$ l'un (2 pour 0,99$) contre 1,29$ l'unité chez Loblaws (+158%)

LES POIVRONS ROUGES ET JAUNES (appelés aussi "piments" au Québec)
Origine: États-Unis
Poivron_v1 Poivron_v2
Détaillant: 1,49$ la livre contre 3,99$ chez Loblaws (+168%)

LES BANANES
Origines: Équateur/ Vénézuela
Bananes_v1 Banane_v2_2
Détaillant: 0,25$ la livre contre 0,59$ chez Loblaws (+136%)
Remarque: Comment des bananes peuvent-elles être aussi peu chères ? En payant 0,25$ la livre (soit 0,38 euro le kilo), combien gagne réellement le producteur ?

LES MANGUES
Origines: Pérou / Brésil
Mangue_v1 Mangue_v2
Détaillant: 0,50$ l'unité (2 pour 0,99$) contre 1,29$ (+158%)

LES ORANGES
Origine: Californie - Marque: Sunkist
Oranges_v1 Orange_v2
Détaillant: 0,45$ la livre (1 kg = 10 oranges pour 0,99$) contre 0,99$ la livre (+129%)

LES POMMES
Origine: Québec
Mc_intosh_v1 Mc_intosh_v2
Détaillant: 0,80$ la livre (3,99$ les 5 livres) contre 1$ la livre (3,99$ les 4 livres) soit +25%

Loin de moi l'idée de me lancer dans une croisade contre la grande distribution ! Mais ces écarts constatés et le niveau élevé de certains prix des fruits et légumes m'étonnent (= me scandalisent). Quel est le vrai prix que l'on devrait payer ? Combien touche réellement le producteur ? Quelle est la marge des différents intermédiaires ?

[N'ayant évidemment pas pour vocation de dénigrer Loblaws et de faire de la publicité, je ne précise pas le nom du détaillant du comparatif. Je peux le transmettre aux intéressés par courriel en privé.]

Ail: Condiment apprécié en cuisine, mais détesté au salon.
 

d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)

125 - Trop d'argent !

... je ne parle pas de moi, bien évidemment, mais du gouvernement fédéral dont les caisses débordent toujours de surplus fiscaux ! La situation économique du Canada et la gestion des finances du pays continuent de me surprendre. Comparé aux grands pays européens, qui stagnent depuis plusieurs années du fait d'un manque de croissance endémique, le Canada affiche une santé insolente. Jugez plutôt:

Huard2 une croissance canadienne soutenue oscillant entre 2,5% et 3%, un taux de chômage inférieur à 6% (le plus faible depuis 30 ans), une monnaie forte face au dollar et à l'euro (20% d'appréciation face au dollar américain en 6 mois et 11% face à l'euro)... et des excédents budgétaires fédéraux records.

On objectera bien sûr que cette croissance est mal répartie suivant les Provinces (l'Ouest tourne à plein régime), que le fédéral s'est allégé du fardeau de la santé fortement déficitaire et que la foresterie et le secteur manufacturier souffrent terriblement de la force du dollar pour les exportations. C'est vrai. Plusieurs pays occidentaux revendiquent pourtant le Canada comme modèle économique.

20_dollars D'après Jim Flaherty, ministre des finances, ces excédents supplémentaires iront à la baisse des impôts (particuliers et entreprises), à la réduction de la TPS (taxe fédérale) qui passera de 6 à 5% au 1er janvier 2008 et à la réduction de la dette. Le cercle vertueux. "Les fondements de notre économie et de nos finances publiques sont aussi solides que le bouclier canadien" dixit le ministre.

Surprenant, vu depuis la France, non ?

Trois articles intéressants sur la santé de l'économie canadienne parus dans Le Devoir: la Baisse du fardeau fiscal, le Cadeau fiscal de l'Halloween et le Record des temps modernes.

Réussir : La meilleure façon d'essayer.

 

d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)

110 - Excédent budgétaire

Une prise de conscience du fossé qui sépare la France du Canada en matière économique. Un article étonnant (pour un Français) lu cette semaine dans la presse écrite m'a donné l'idée de cette note. Cela fera peut-être sourire mes lecteurs canadiens...

On y apprend qu'Ottawa annonce un surplus budgétaire surprise de 13,8 milliards de $ (un peu moins de 10 milliards d'euros) pour cette année. En hausse de 5 milliards par rapport aux prévisions de mars dernier. Ce surplus ira en totalité au remboursement de la dette. Les intérêts sur la dette qu'Ottawa va épargner grâce à ces remboursements seront retournés intégralement en baisses d'impôt. Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, ne s'attendait pas à un tel excédent et a presque du s'excuser ! Deuxième meilleur excédent de la décennie malgré la baisse d'un point de la TPS (taxe fédérale) en juillet 2006. Incroyable ... il n'y a pas - je pense - d'autre mot venant d'un immigrant (et contribuable) français. Je m'explique avec quelques données.

Drapeaufrancais De mémoire de contribuable, je ne me souviens pas d'une seule année en France où l'on ait annoncé un excédent budgétaire. Vérification faite dans les données du Ministère de l'Économie et des Finances, le dernier excédent date de 1974 ! Depuis cette date, nous avons toujours été en déficit en essayant depuis 1995 de respecter les fameux "critères de convergence" de Maastricht (3% maxi de déficit). Conséquence inévitable, une dette qui se creuse, atteignant des profondeurs abyssales. Son montant dépasse les 1 000 milliards d'euros soit plus de 66% du PIB en 2006 (critère de Maastricht: 60% maxi). Et cela fait mal au portefeuille puisque le paiement des intérêts de la dette est le second poste budgétaire de l'État, juste après l'Éducation Nationale ! Aucun gouvernement - de gauche comme de droite - ne s'est véritablement attaqué au problème. La rigueur est toujours impopulaire et déclenche inévitablement mouvements sociaux et manifestations en France. Le trou continue donc de s'agrandir...

Drapeaucanada Cette année, le gouvernement fédéral enregistrera son onzième excédent budgétaire. En dix ans, la dette est passée de 563 milliards à 467 milliards de dollars, ce qui ramène le ratio dette/PIB à 32,3% (!) classant le Canada parmi les meilleurs élèves de la classe occidentale. La rigueur mise en place de façon drastique sous le gouvernement de Jean Chrétien, avec comme ministre des Finances Paul Martin, s'est évidemment faite dans la douleur et dans l'impopularité. Avec des coupures budgétaires, des réductions d'impôts et le transfert de certaines dépenses aux provinces (Santé). Mais le pays n'avait plus le choix car il était au bord de la faillite financière. Depuis cette époque, le pays est entré dans un cercle vertueux engrangeant les excédents, diminuant la dette et réduisant les impôts fédéraux. Le Canada est d'ailleurs souvent cité en exemple par les pays d'Europe de l'Ouest.

On objectera bien-sûr que la croissance du pays - tirée par les provinces de l'Ouest (Alberta: croissance supérieure à 8% l'an grâce aux sables bitumineux !) - y est pour beaucoup. Cette croissance du pays associée à une saine gestion économique n'est pas sans poser des problèmes de monnaie. Le huard (dollar canadien) a atteint la parité avec le dollar américain ce qui handicape lourdement les exportations canadiennes. On dira aussi que le transfert de certaines compétences (Santé) handicape les budgets provinciaux. Le Québec est effectivement assez endetté, à hauteur de 44% du PIB (baisse en 8 points depuis 10 ans) .

Mais un fait est certain: le courage politique de l'époque a payé avec un redressement spectaculaire des finances du pays. A quand une politique réellement courageuse en France pour s'attaquer aux déficits et réduire significativement la dette ?

Déficit: Gouffre sans fonds.   

 

d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)

106 - Le scandale des cartes de crédit

...ou le paradoxe entre la difficulté d'avoir sa première carte de crédit quand on est nouvel immigrant et l'excessive facilité avec laquelle on peut multiplier ses cartes par la suite et s'endetter à des taux d'intérêt inimaginables !

La première carte
Je pense qu'un Canadien a du mal à imaginer à quel point il est difficile pour un immigrant d'obtenir sa première carte de crédit. Certains n'en ont toujours pas après plusieurs années. Ce n'est pas son prix qui est un frein car elle est généralement gratuite mais les conditions définies par le système bancaire canadien.

Pour décrocher cette carte bien utile permettant d'acheter sur internet ou de faire des réservations, il faut au minimum:
- avoir un compte bancaire et une adresse au Canada bien-sûr;
- justifier de sources de revenu;
- avoir un historique de crédit satisfaisant

Un arrivant qui n'a ni travail ni historique de crédit au Canada n'a évidemment aucune chance. Il faudra donc être patient...

Il faut savoir aussi que la carte de crédit n'a pas la même utilisation qu'en France (où l'on paie la totalité des dépenses chaque mois). Ici, elle permet d'acheter et de vivre sur un crédit que vous accorde la banque.

Les suivantes
La première carte étant acquise (avec souvent un plafond de crédit d'au moins 5000 $ !!), on est soumis à un véritable harcèlement pour en acquérir d'autres: kiosque à l'entrée des grands magasins, propositions par courriers, marketing direct par téléphone (avec des "malheureux(ses)" payé(e)s à la commission qui récitent un texte pour vous convaincre de l'intérêt d'une nouvelle carte miracle) ... bref tout est bon pour vous convaincre d'acheter à crédit. Les hameçons peuvent être tentants: cadeaux, rabais sur des achats, points de fidélité, sourire de la représentante ...

Crdit_3
Les achats par carte de crédit "maison" (type Sears, La Baie, Canadian Tire, ...) dans les chaines de grands magasins se traduisent par un relevé de dépenses dont il n'est nécessaire de régler que 10% de la somme immédiatement. Le solde passe en crédit.

CLIQUER DESSUS POUR AGRANDIR
Intrts
Le taux du crédit est incroyablement élevé: 28,8% par an... dans un pays où l'inflation tourne autour de 2% soit une marge de rentabilité d'environ 26% par an pour ces établissements. Assurément imbattable !

Il est clair que si l'on ne sait pas gérer un budget et si l'on succombe facilement aux sirènes de ces cartes "gratuites" (qui s'accompagnent de ristournes le premier jour d'utilisation), on tombe dans le piège. Un piège qui peut être infernal si on a du mal à résister à la tentation des ristournes, promotions, soldes et autres rabais (qui font partie de la vie quotidienne ici).

Le bon coup avec ces cartes est de les prendre lorsqu'on a un achat important à faire dans un magasin, de bénéficier de la ristourne proposée le premier jour (autour de 20% souvent), de régler la totalité du solde lorsque la facture arrive par courrier et ... de ne plus utiliser la carte par la suite !

Surendettement: Pauvreté à retardement.

 

d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)

88 - Alimentaire: comparatif de prix

Depuis notre arrivée à Montréal, il y a un an, j'ai toujours trouvé que les prix des produits alimentaires étaient plus élevés dans les supermarchés au Québec qu'en France. La comparaison n'est cependant pas aisée car beaucoup d'éléments sont différents des deux côtés de l'Atlantique: marques, quantités, présentation, composition, allégations ...

D'où un relevé de prix assez large réalisé en France (enseigne = Leclerc Ussel - 28 juin 07) lors de mon passage dans l'Hexagone puis au Québec (enseignes = Métro St Joseph et Loblaws Angus à Montréal - 14 juillet 07) à mon retour. En prenant les prix réguliers (hors promo donc) et sur la base de formats, présentation, niveau de gamme équivalents. Aucune prétention statistique évidemment mais il ressort quelques tendances intéressantes.

Quelques gammes de produits sont difficiles à comparer: les plats cuisinés frais et surgelés. L'offre n'est tout simplement pas la même. Idem pour le pain. Comparer le prix de la baguette n'aurait aucun sens ! Et on s'y perd vraiment dans les variétés de pain...

CLIQUER SUR LES TABLEAUX SUIVANTS POUR LES AGRANDIR

Tab1

Les produits laitiers sont chers au Québec. Le lait frais pasteurisé présent partout est plus cher ici, alors qu'il est peu consommé en France. Le lait UHT n'existe pas en Amérique du Nord. Idem pour les fromages: rien en dessous le 14 euros le kilo (20 $). Les yaourts (appelés ici yoghourts) - à la texture plus gélifiée et moins crémeuse - se déclinent en des gammes plutôt pauvres et onéreuses. C'est sûr que la richesse d'un rayon fromage / desserts lactés / yaourts d'un hypermarché français n'a pas d'équivalent ici.

Pas de conclusion aussi nette sur les fruits et légumes mais l'offre d'ici est plus chère. Il est vrai que ce n'est pas dans les supermarchés qu'on trouve la plus grande diversité et des prix attractifs. Rien ne vaut le marché Jean Talon pour cela. Les bleuets (myrtille) - fruit national avec la canneberge - sont un vrai délice...

Tab2

Côté boissons, comme on passe son temps à siroter des sodas ici, alors forcément les prix des Coca, Sprite, Canada Dry et autres "liqueurs" sont imbattables. La consommation d'eau gazeuse étant peu répandue, celle-ci est chère et proposée dans de petits formats de bouteilles (75 cl).

Inutile d'évoquer une énième fois le prix du vin. Ce monopole d'état - gérée par la Société des Alcools du Québec (SAQ) - entretient "scandaleusement" des prix élevés, véritable poule aux oeufs d'or pour les rentrées fiscales. Les bouteilles sont donc en moyenne trois fois plus chères qu'en France. Désolé Sylvain et Normand pour cette attaque un peu facile de la part d'un Français ...

Tab3

Pour finir et pour sourire, quelques produits français. Le vrai fromage est à éviter car toujours mal affiné et cher. On trouve de la moutarde forte et des cornichons style Maille sans problème à des prix abordables.

Il est évidemment impossible de conclure sur le niveau des prix ou sur le niveau de vie au Québec à partir de ces quelques données. Pour cela, il faudrait prendre en compte bien d'autres éléments comme l'énergie, l'immobilier, les vêtements, l'équipement ... qui sont pour la plupart nettement plus à l'avantage de la Belle Province.

Facture : Addition à laquelle il est difficile de se soustraire.

 

d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)

85 - Clin d'oeil fiscal

Une agréable surprise à mon retour au Québec début juillet: deux chèques émis par l'administration fiscale à encaisser ! Un du Fédéral, un du Provincial. De quoi me réconcilier avec les impôts ou presque... une explication s'impose.

L'impôt sur le revenu est prélevé à la source en Amérique du Nord (Canada et USA) c'est à dire qu'il est déduit sur chaque bulletin de paye (bulletin hebdomadaire pour la majorité des salariés du Québec). Le calcul de la déduction est établi sur la base du salaire hebdo annualisé. Cela veut dire que si - comme moi - un contribuable a travaillé 2 mois 1/2 sur 6 mois de présence au Canada, l'imposition à la source a été trop élevée. Les deux déclarations (provinciale et fédérale) sont envoyées au printemps. Sur cette base, les ordinateurs de l'administration recalculent l'impôt réel: plus faible dans mon cas ... et un chèque est rapidement envoyé au contribuable "lésé" que je suis.

Ne rêvons pas. Cette surprise ne se produit que la première année !

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Une impression souvent désagréable ...

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Un plumage très élaboré ...

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Présent partout: bonne implantation sur le territoire

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ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune): Made in France !

Jackpot : Cagnotte, toujours gagnée par quelqu'un d'autre.

 

d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)

34 - Banque et Argent

La découverte du système bancaire nord-américain est assez déroutante pour un Français. Petit passage en revue de ses curiosités.

> Ouvrir un compte courant
Ce n'est pas simple à faire quand on arrive, car pour ouvrir un compte, il faut nécessairement avoir une adresse au Québec et pour louer un appartement, il faut avoir des chèques libellés en dollars canadiens donc issus d'un établissement bancaire local. Bref, le serpent qui se mord la queue ! Il faut donc ruser, c'est à dire payer avec des billets son propriétaire ou avoir des connaissances qui vous servent d'adresse ce qui était notre cas.

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> Gestion du compte-courant
Toutes les opérations effectuées sur son compte sont payantes: retirer de l'argent au distributeur, faire un chèque, payer une facture, faire une opération au guichet ... bref on doit tout le temps "banquer" ! La commande de chèques étant elle-même payante. Des forfaits incluant un nombre d'opérations autorisées par mois rendent la facture un peu plus digeste. Les comptes sont rémunérés mais à des taux ridicules, inférieurs à 0,5% l'an.

> Internet
L'utilisation d'internet est beaucoup plus courante qu'en France pour payer ses factures, par exemple. Quelques clics et c'est fait. Pratique et rapide.

> Carte de débit
On l'obtient facilement avec un compte bancaire. Elle permet de payer tous ses achats courants en magasins et de faire des retraits d'argent dans les distributeurs automatiques. Elle ne fonctionne que si le compte est alimenté. Le débit est immédiat. Magnétique, il faut un code pour l'utiliser. Elle ne permet pas de faire de réservation ou de payer en différé. Pas vraiment d'équivalent en France mais une sorte de croisement entre la carte bleue et la carte Moneo.

> Carte de crédit
Très difficile à obtenir pour un immigrant fraîchement arrivé car il faut soit avoir un travail au moment de la demande, soit avoir un historique de crédit en Amérique du Nord ce qui est rarement le cas pour les nouveaux venus. J'ai mis presque 3 mois pour en avoir une. Elle est également magnétique, seule la signature en permet l'utilisation. Il faut donc être très prudent. L'Amérique du Nord a un grand retard quant à l'utilisation des puces pour sécuriser les cartes. Bonne nouvelle, la carte de crédit est généralement gratuite. A la fin du mois, un relevé des dépenses effectuées est envoyé. Une partie de la somme est à payer rapidement (10% minimum en général), le reste peut être porté au crédit. Le plafond classique de ce crédit est de 5000 $ par carte. Avec des taux d'intérêt entre 18% et 28%, ce qui constitue une véritable arnaque ! Malgré cela, les statistiques montrent que de plus en plus de Canadiens usent (abusent ?) de ce crédit et retardent les remboursements. On comprend alors pourquoi ces cartes sont gratuites car elles constituent une manne de revenus exceptionnelle pour les banques.

> Vivre à crédit
Une fois la première carte obtenue, il est très facile d'en obtenir d'autres. Tous les magasins - Sears, Canadian Tire, Loblaws, ... - vous en proposent et sont très peu regardants sur la solvabilité. C'est très tentant car l'adhésion est toujours accompagnée de cadeaux ou de rabais pour les achats effectués le même jour.

Le système bancaire canadien est il plus ou moins avantageux que le système français ? Tout dépend de l'usage que l'on en fait. Si l'on est plutôt cigale et que l'on aime vivre à crédit, ce système est ruineux (28% l'an soit 10 points de plus que le taux de l'usure en France !). Si l'on est plutôt fourmi et que l'on gère ses comptes avec attention, le système canadien est moins onéreux que le français (la carte de crédit internationale à paiement différé est totalement gratuite). Peut-être que certains expatriés ne seront pas d'accord avec mon analyse.

Carte de crédit: Arme financière à n'utiliser qu'en cas de légitime dépense.

 

d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)

26 - Salaire, fiscalité et niveau de vie

Des questions portant sur le niveau de vie me sont souvent posées. Le coût de la vie est il plus élevé qu'en France ? Les impôts sont ils plus faibles qu'en France, ce dont on semble presque sûr vu de l'Hexagone ? Bref, vit-on mieux ici ?

Toujours difficile de répondre. Cela dépend de nombreux paramètres dont le niveau des salaires, des taxes, des prix et pour comparer avec la France du taux de change euro/dollar canadien ! Il faut aussi avoir du recul (plusieurs mois) pour avoir une vision assez exacte. Quelques éléments donc:

> Le salaire moyen au Québec serait un peu plus faible qu'en France. Des études de l'OCDE portant sur la période 2002/2003 montrent que la France et le Canada appartiennent au même groupe de pays, celui des "revenus élevés-moyens".

> Deux taxes se rajoutent sur les produits ou services achetés: la TPS (fédérale) et la TVQ (provinciale). Le total des deux équivaut à une taxation à hauteur de 14% (contre 19,6% en France). L'alimentaire acheté dans les supermarchés n'est pas taxé, les biens culturels type livres ne sont pas taxés par la Province. A noter que la TPS a baissé d'un point en 2006.

> Pas de redevance TV, ni de taxe d'habitation mais une taxe foncière et une taxe scolaire à payer (que l'on ait ou non des enfants) par les propriétaires. A payer, ici aussi tous les ans, le permis de conduire ainsi que les plaques d'immatriculation pour sa voiture !

> Deux déclarations à faire chaque année au printemps (quelle chance !), une pour le Canada, une autre pour le Québec. N'ayant pas encore eu le plaisir d'y participer, je vais répéter ce que l'on m'a dit. Les taux d'imposition sur le revenu seraient globalement proches de ceux de la France. Je verrai ...

> Côté prix, certaines dépenses sont plus faibles qu'en France: l'énergie (essence, électricité) mais aussi les portables (cellulaires), l'électronique,... également le sirop d'érable et les bleuets (myrtilles). Plus chers, les assurances, le vin, les fromages et de façon générale l'alimentaire. A noter que l'eau potable du réseau est gratuite pour les particuliers à Montréal.

> Le coût du logement a aussi son importance. Les prix des loyers sur Montréal - même s'ils ont beaucoup augmenté ces dernières années, parait-il - restent faibles comparés à ceux des grandes métropoles canadiennes ou européennes. Notre condo 4 1/2 (un 3 pièces) de 980 pi2 (pardon 91 m2) nous coûte 1180 $ (cad 770 euros au cours du jour) ce qui est cher pour Montréal mais donné pour Paris ou Londres.

> Quant à la parité EUR / $CAD, elle a fluctué de façon assez notable en 2006: de 1,35 $ (février) à 1,53 $ (en ce moment) pour 1 euro. Avec un dollar actuel affaibli, les salaires canadiens apparaissent plus faibles qu'en France.

Bref dans la balance, le plateau semble plutôt pencher du côté d'un meilleur niveau de vie au Québec qu'en France. Tous les expatriés lisant ce blog ne seront peut-être pas d'accord. Cela dépend évidemment du salaire que l'on gagne ici comparé à celui que l'on avait en France avant de partir.

Argent: Seule chose qui différencie les riches des pauvres.

 

d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)

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