242 - Poignée de main
Bientôt trois ans que nous sommes expatriés au Québec, résidants de Montréal. Un choc culturel pour moi, un demi retour aux sources pour Shane qui est d'origine américaine (Caroline du Nord). Dans les phrases qui suivent, le "je" est volontairement choisi car il traduit mon expérience personnelle de jeune immigrant avec mon bagage culturel français.
Bien des codes culturels de la vie quotidienne ont été découverts depuis mon arrivée. Usage de la langue, tutoiement, notion de distance (bulle individuelle), décontraction vestimentaire, facilité des contacts, goût pour le consensus, ... la liste est longue et chaque élément cité pourrait faire l'objet de développements ou d'anecdotes.
Pourtant, malgré ces trois années d'immersion dans le quotidien du Québec, il est un code social que je comprends encore mal et dont je maîtrise toujours mal l'usage: la poignée de main ! Cela peut faire sourire des lecteurs de l'Hexagone mais lisez les lignes qui suivent...
Anecdote lors de mes premières journées de travail chez mon premier employeur canadien en 2006. Chez M, mon précédent employeur en France, le rituel du bonjour le matin aux autres employés de l'usine ou des bureaux était incontournable. Il s'accompagnait d'une poignée de main ou d'une bise (pour les filles !). La tournée pouvait prendre plusieurs minutes car c'était une grande société et je faisais presque tous les jours des tours d'usine (donc facilement plus d'une centaine de bonjours quotidiens). Aller directement à son bureau sans un mot ou avec un bonjour collectif aurait été évidemment mal perçu.
Ici, surprise. On sert la main le premier jour lors de la première rencontre et puis plus rien ! Le deuxième jour de travail, je me suis senti maladroit à tendre une main qui ne rencontrait rien. Incompréhension, léger malaise. Pas de contact. On se salue à distance.
Autre expérience lors de ma démission récente de mon employeur actuel. Je discute avec un collègue des raisons de mon départ et de mon nouveau job. À l'issue de cet échange, mon interlocuteur me tend la main et me souhaite bonne chance. Sympathique mais curieux. Je ne pars pas à ce moment précis. Il reste encore deux semaines et la journée n'est pas terminée. J'ai recroisé une bonne dizaine de fois ce collègue pendant la même journée.
La poignée de main semble plus "formaliste" qu'en France. Plus rare et donc utilisée en certaines circonstances précises: première rencontre, validation d'un contrat oral ou moment solennel. Un avis québécois sur la question m'intéresserait évidemment...






























Les commentaires récents