Expatriation - Immigration

245 - RTL : Destination ailleurs

Logo RTL

Pour les fidèles du blog qui me suivent dans notre "aventure québécoise" mais qui n'ont jamais entendu ma voix...

Un rendez-vous radiophonique sur RTL (1ère radio de France) à ne pas manquer: Mercredi prochain, le 15 juillet 2009, de 14h30 à 15h (8h30 à 9h, heure du Québec)  l'émission DESTINATION AILLEURS de Sébastien Folin parlera du Québec et vous pourrez m'y entendre - en direct - pendant cette demi-heure. Depuis le Canada, il suffit d'aller sur le site de RTL (www.rtl.fr) et de cliquer sur RTL en direct.

Retour de deux semaines de vacances en Acadie dans les provinces maritimes canadiennes. Belle région et peuple acadien particulièrement attachant. Découverte de cette Acadie un peu oubliée des Français et meurtrie par une histoire tragique dans les prochaines notes (avec photos)...


233 - Candidats au départ

Régulièrement, je reçois des courriels de demandes d'info sur le Québec, l'expatriation, la vie quotidienne, le travail ...  environ 2 à 3 demandes par semaine. Pas toujours facile de trouver le temps pour répondre. D'où cette note de synthèse avec quelques conseils ... je sais que cela fera sourire certains Canadiens qui ne connaissent peut-être pas bien la France !
 
Le Québec est assurément une source de fascination pour les Français et beaucoup de nos compatriotes rêvent de s'y établir pour y vivre une expérience riche en découvertes. Cette province du Canada réalise d'ailleurs un lobbying très actif en France pour attirer sur son sol de jeunes francophones diplômés ayant acquis de l'expérience et motivés par un désir de réalisation personnelle. L'intérêt pour le Québec est double: attirer des immigrants qualifiés de pays considérés comme "sûrs" et tenter de maintenir le poids des francophones dans cette partie de l'Amérique du Nord où le Français reste toujours une langue fragile et menacée.
 
Des séances d'information du Bureau de l'immigration du Québec à Paris semblent faire salle comble avec un auditoire plutôt réceptif à ce marketing bien organisé: diapositives, cartes, statistiques et  données chiffrées, démarches à réaliser, le tout dans un environnement confortable agrémenté de splendides photos de la Belle Province. Près de 3000 Français franchiraient tous les ans l'Atlantique munis du précieux sésame, le visa de résidence permanente. Presque autant reviendraient en métropole chaque année. Ces chiffres sont assez stables et reflètent le fait que la population originaire de la France présente au Québec n'augmente pas. Dans ces retours, une proportion importante de personnes déçues, qui n'ont pas trouvé ce qu'ils cherchaient (ce qu'ils pensaient trouver). Certains sont amers et estiment même avoir été trompés par ce qu'on leur avait "vendu". Les termes peuvent sembler excessifs mais ils reflètent bien l'état d'esprit de certains immigrants qui retournent dans l'Hexagone.
 
Évoquer cet aspect de l'immigration de façon objective est - dans mon cas - plutôt facile car je ne suis pas dans cet état d'esprit. Notre préparation à ce grand changement, une forte motivation et une bonne dose de chance (à ne pas négliger) expliquent la réussite jusqu'à présent de notre projet: nous avons un travail plutôt intéressant tous les deux et avons investi dans l'achat d'une maison. Ce nouvel environnement nous plait pour de multiples raisons liées à la qualité de vie. La découverte - au sens large - de ce pays est une source d'enrichissement personnel au quotidien que je n'aurais pas pu connaitre si nous étions restés en France. Cela étant précisé, quelques éléments qu'il vaut mieux savoir pour les candidats au départ...
 
> Ne pas venir au Canada en espérant s'enrichir rapidement. Ce n'est pas un eldorado pour Français désargentés. Trouver un travail n'est certes pas difficile mais trouver un travail correspondant à sa qualification et à ses aspirations salariales n'est pas facile lorsqu'on arrive même (surtout ?) pour un ingénieur, ce qui était mon cas. Il manque toujours la fameuse expérience nord-américaine. Il faudra donc souvent faire ses preuves donc accepter un poste moins qualifié et moins bien payé que celui qu'on avait en France. Les statistiques montrent qu'il faudrait deux ans minimum en moyenne pour retrouver son statut et son salaire d'origine.
 
> Pour plusieurs professions, il existe des ordres professionnels. Utiliser le titre d'ingénieur n'est pas possible pour un jeune ingénieur français qui débarque au Québec. Il est nécessaire d'appartenir à l'Ordre des Ingénieurs du Québec pour employer ce titre sur le sol québécois. Pour cela, il faut réaliser un long processus de reconnaissance des diplômes et de la formation suivie en France (avec détail des programmes et relevés de notes). La reconnaissance de l'expérience acquise en génie est également importante avec descriptifs des postes et lettres d'appréciation de répondants. Une fois ces étapes franchies, on devient Ingénieur Junior au sein de l'Ordre, quelle que soit l'ancienneté que l'on pouvait avoir dans le métier dans son pays d'origine. Cette période de probation dure 3 ans avec possibilité de réduction à 1 an si l'expérience acquise est reconnue. Après ce juniorat et la réussite à un examen professionnel (non technique), on devient enfin Ingénieur, membre de l'Ordre, ce qui fut mon cas en 2008.
 
> Le marché du travail est plus fluide qu'en France avec des changements fréquents d'employeurs au cours d'une vie professionnelle. Trois jobs en trois ans en ce qui me concerne. On embauche ... et on licencie rapidement. Les préavis sont toujours courts, une à deux semaines maximum, et les codes du travail différents de ceux que l'on connait dans l'Hexagone. Le réseautage y tient une place essentielle. Il est donc important de se construire un réseau au Canada et de l'entretenir ! Malgré cette relative précarité du marché du travail, il n'existe pas cette psychose collective du chômage bien présente en France. Évidemment, côté vacances, il ne faut pas être trop gourmand. Le droit du travail prévoit 2 semaines par an, un cadre en a généralement 3. Si l'entreprise est généreuse, on peut atteindre 4 ! Oubliées les 5 semaines françaises agrémentées de généreux jours de RTT. Il ne faut donc pas venir au Canada pour trouver une société de loisirs.
 
> L'anglais est évidemment nécessaire pour travailler au Québec, spécialement à Montréal. Même si le français est la langue officielle du Québec, l'anglais est très utilisé dans les affaires avec le Canada anglophone et avec le géant américain voisin.
 
> L'hiver canadien n'est pas une légende. L'hiver peut être vraiment froid, neigeux et long ! De fin novembre à avril. Avec des températures pouvant facilement atteindre les -20°C. Quatre à cinq longs mois sans voir de verdure, c'est long pour celui qui n'aime pas l'hiver ! Ce qui n'est heureusement pas mon cas.
 
Malgré ce tableau qui peut sembler un peu noir jusqu'à présent (ou gris foncé !), le Canada est une formidable expérience de vie pour un Français.
 
> Le Canada est un pays de tolérance et d'ouverture. C'est fondamentalement une terre d'immigration. L'arrivant étranger n'est donc pas rejeté. C'est particulièrement vrai à Montréal qui est une ville cosmopolite.
 
> Le coût de la vie est plus faible qu'en France. Logement, énergie, vêtements, électronique et informatique, cinéma, CD, cellulaires (portables), ... la liste est longue des postes de dépenses plus économiques en Amérique du Nord. Différence discutable pour les produits alimentaires. Et carton rouge pour les livres qui sont chers en librairie. Cela s'explique en partie par le fait qu'une grande partie de l'édition francophone vient de France.
  
> Le contraste des saisons est - pour celui qui est sensible aux couleurs de la nature - une source d'émerveillement toujours renouvelée chaque année. Un été chaud et parfois humide, un automne flamboyant suivi d'un hiver glacial et blanc qui se termine par un printemps, véritable renaissance de la nature où le vert tendre réapparait. Que du bonheur ...
 
> Les relations au travail sont beaucoup moins conflictuelles qu'en France. Le consensus est une composante culturelle de la société nord-américaine. On évite donc le conflit. D'où une ambiance  plus détendue et participative lors des réunions. L'intérêt général pour l'entreprise est recherché. Pas d'affrontement entre les participants, de peaux de banane, d'éternels retardataires, pas de meneur qui impose son point de vue à l'ensemble, pas de réunion interminable où on parle de tout et de rien pour finalement ne rien conclure et reprogrammer une nouvelle date de réunion. Cela évoque peut être du concret pour certains lecteurs français...
 
> Les horaires de travail restent pour les cadres d'une durée compatible avec une vie sociale et familiale. Il y a une vie après le travail. Terminer sa journée à 17 heures est très courant. Mais quasiment impensable lorsque je travaillais en France dans une grande société où le retour à la maison s'envisageait plutôt vers 19 heures, 19 heures 30, voire 20 heures. D'où une réelle qualité de vie professionnelle. Est-on plus efficace et plus productif lorsque l'on travaille 11 ou 12 heures par jour ?
 
> Enfin, même après 3 ans, je sens toujours du dynamisme, de l'enthousiasme, des envies de réalisation autour de moi. Pas de défaitisme, d'alarmisme, de scléroses, de négatif systématique relayé par les médias tels que l'on peut trop souvent le sentir en France.
 
Venir au Canada, c'est aussi avoir un état d'esprit ouvert pour s'adapter à un nouvel environnement parfois difficile, être prêt à se retrousser les manches et ne pas hésiter à se remettre en question. La curiosité et l'adaptabilité font partie des clés du succès.
 
S'informer, lire, interroger des connaissances, surfer sur le web, diversifier ses sources ... tout est bon pour préparer un tel projet et éviter d'avoir en arrivant des (mauvaises) surprises. Même si l'herbe est toujours plus verte ailleurs, il faut se méfier du chant des sirènes ...
 
On ne vit pas mieux au Canada qu'en France. On vit différemment.

228 - Impressions

Reprise du clavier après quelques journées assez chargées côté travail et toujours sous un temps très froid en deça des -15°C. Retour sur quelques impressions lors de mon passage en France pendant la semaine de Noël. Cette "cure de retrouvailles familiales" (à Paris et à Brest) faisait suite à 18 mois de présence ininterrompue en Amérique du Nord. Pendant cette période des fêtes, Shane s'en retournait vers sa Caroline natale dans le Sud des États-Unis pour revoir ses proches.

Mon départ fut quelque peu mémorable. Dimanche 21 décembre, une tempête balayait le Québec laissant sur son passage une neige généreuse et dense. Préparant ma valise dans les dernières heures avant de partir pour Dorval (aéroport), je regardais avec une légère appréhension la couche épaissir rapidement dans la rue. Arriverais-je à rejoindre la gare routière pour prendre la navette Aerobus ? Mon vol décollerait-il à l'heure ? Serait-il annulé ? Grâce à l'aide de mon ami Philippe, j'ai rejoint sans difficulté Berri-Uqam dans une ambiance irréelle. Rues calmes, aucun trafic, les Montréalais sont restés chaudement et sagement chez eux. La navette me transportera sans encombre jusqu'à l'aéroport et le Boeing décollera à l'heure à ma très grande surprise malgré la fermeture pendant 2 heures de l'aéroport.

Avion Dès l'atterrissage, deux mini-chocs: pas de grand manteau blanc neigeux sur l'Ile de France, je verrai de l'herbe verte pendant mon séjour (davantage en Bretagne qu'à Paris, il est vrai !). Seconde surprise, il est 8 heures 30 du matin et il fait encore nuit noire ! J'avais oublié que le jour à Montréal est davantage calqué sur le jour solaire.

A l'aéroport, longue attente devant le poste de douane. Aucun agent des douanes n'est là. Mécontentement de la foule. Un Français s'exclame bruyamment "Bientôt y aura plus de moutons en France qu'en Australie !". Gros rire général. Bienvenue dans l'Hexagone !

Le métro parisien n'a pas vraiment changé excepté la couleur des tickets qui sont devenus blancs. La manche (sollicitation par des mendiants) est toujours bien présente et les rames et stations sont toujours couvertes de graffitis, tags et autres rayures. Les stations sont bien petites pour abriter les 5 wagons de chaque rame comparées à celles de Montréal avec les 9 voitures du métro.

Métro Montréal Métro Paris
Toujours dans le métro, aux heures de pointe, le Parisien se tasse davantage que le Montréalais dans une voiture. Il voudra monter coûte que coûte dans la rame quitte à bousculer les autres voyageurs pour se faire sa place. Assez pénible. Le Québécois a un espace vital plus large qui est respecté. Il ne s'écrasera pas contre son voisin pour avoir une place mais attendra sagement sur le quai le métro suivant. Cette différence culturelle est appréciable pour le voyageur ("l'usager" comme on dit en France).

J'ai redécouvert les portes du métro ou des centres commerciaux qu'on tient pour la personne qui vient derrière (chose étonnamment peu courante à Montréal).

Laveuse Pour l'anecdote, j'ai trouvé ridiculement petite la machine à laver (laveuse) de mes parents à Paris comparée à notre appareil qui fait 70 cm de large (27 po) et contient sans difficulté le double de linge (triple ?). Il y a 30 mois, lorsque nous avons débarqué ici, ces mêmes laveuses québécoises me semblaient être des "monstres".

  


La redécouverte des prix TTC nets est reposante. Pas de taxes à calculer qui majorent le prix affiché.

Plateau-fromages Un plaisir enfin, celui des plateaux de fromages ! Dans les brasseries, entre fromage et dessert, pas d'hésitation en ce qui me concerne. Un fromage bien affiné, il n'y a pour moi rien de meilleur. St Nectaire, Brie, Comté, Pouligny-Saint-Pierre, Selles-sur-Cher... que du plaisir.

Cependant, il serait faux de dire qu'il n'existe pas de bons fromages au Québec. Toute une gamme de produits savoureux s'est développée mais l'offre reste quand même de moindre importance.

Ce passage en France - trop court bien sûr - fut telle la dégustation d'un nectar dont on savoure chaque goutte, chaque minute avec délectation. Je ne suis pas excessif en écrivant cela. Mes racines, ma culture et mes proches sont en France. Ce profond attachement à mes origines n'est pas incompatible avec la formidable expérience que je vis actuellement au Canada. Chaque retour est un ressourcement que je vis avec plaisir.

À venir, dans la prochaine note, quelques belles images prises dans Lanaudière - au Nord de Montréal - ces dernières semaines. Froid, neige, glace, que du plaisir hivernal canadien au programme !

225 - Retour en France

Dans quelques heures, envol vers la France après 18 mois d'exil en terre canadienne ...Avion Air France

Séjour d'une semaine en famille pour Noël en Bretagne puis à Paris. Certainement un agréable moment de retrouvailles avec mes jeunes neveux que je n'ai pas vus depuis juin 2007.

Une émotion aussi à revenir en France, même brièvement. Une évidente curiosité pour savoir si je perçois des changements dans l'Hexagone. État d'esprit, mentalités, décorations, publicités, prix en euros, ...

L'envie aussi de me balader dans Paris en arpentant les rues de quartiers qui me sont familiers, de dîner dans une brasserie parisienne, de déguster quelques bons produits du terroir, de magasiner pour rapporter quelques saveurs au Québec, de réentendre des sons familiers, de revoir des lieux, affiches ou logos connus...

Beaucoup d'attentes pour 7 jours ! Est-ce que je ne risque pas d'être déçu ?

221 - Jamestown, Québec et Santa Fe

Exposition_ottawa

Début septembre, nous sommes allés découvrir l'exposition "Jamestown, Québec et Santa Fe, trois berceaux nord-américains" présentée au Musée canadien des civilisations à Ottawa / Gatineau en cette année anniversaire.

Cette expo retrace l’évolution de trois des premiers établissements nord-américains fondés par des colons britanniques, français et espagnols au début du XVIIème siècle – Jamestown en 1607, Québec en 1608 et Santa Fe en 1609 – et décrit comment ce développement a façonné l’Amérique moderne.

Jamestown01a02

Nombreux objets, tableaux, cartes et documents provenant de musées et de collections royales des deux côtés de l’Atlantique. Quelques données chiffrées sur l'estimation des populations nord-américaines nous ont particulièrement étonnés.

          Estimation des populations en Amérique du Nord
     en 1610      en 1700
Anglais
en Virginie
100 72 000
Français
en Nouvelle-France
100 13 000
Espagnols
au Nouveau-Mexique
500 3 000
Colons 700 88 000
Powhatans
en Virginie
15 000 1 000
Hurons
en Nouvelle-France
20 000 500
Pueblos
au Nouveau-Mexique
60 000 14 000
Peuples autochtones 95 000 15 500

Malgré une colonisation se développant à un rythme très soutenu (facteur multiplicatif supérieur à 100 !), la population totale estimée diminua entre 1492 et 1776.

Les peuples autochtones connurent un déclin spectaculaire. Lutte avec les colons mais surtout arrivée de nouvelles maladies venues d'Europe (inconnues jusqu'alors) ... ce siècle fut terrible pour les peuples d'origine. Cette inversion du rapport de force démographique marquera définitivement la suprématie des colons en provenance du Vieux Continent pour le meilleur ... et pour le pire.

Trois villes et trois cultures de colonisation au cours du XVIIème siècle... (paragraphes ci-dessous extraits de l'exposition)

Nous sommes en 1700: Quelle est la situation ?

Le "Canada" tel qu'on le connait aujourd'hui n'existe pas encore, pas plus que les "États-Unis".

La colonisation ne se fait pas uniquement d'est en ouest, mais elle émane de plusieurs endroits et s'étend dans plusieurs directions. L'instabilité - perte démographique et perturbation des sociétés autochtones - est peut-être la principale caractéristique de cette époque. Quoi qu'il en soit, les Autochtones demeurent encore neuf fois plus nombreux que les colons européens.

Le continent est international. Les événements, les rivalités et les guerres qui sévissent en Europe ont des répercussions sur le cours des événements en Amérique du Nord.

Ni l'Espagne, ni la France, ni l'Angleterre ne dominent encore. Les nations autochtones et européennes continuent de se disputer entre elles; certaines pour dominer; d'autres pour survivre.

Au cours des 100 ans qu'il fallut aux Anglais pour se déployer sur 160 km à l'intérieur des terres à partir de Jamestown, les Français étendirent leurs revendications territoriales de Québec jusqu'au golfe du Mexique. Poussés par une chasse excessive, les Français débordèrent des terres cultivées de la vallée du Saint-Laurent pour explorer les vastes territoires de l'intérieur du continent. Ils y établirent un empire commercial avec les peuples autochtones en s'appuyant sur une constellation d'avant-postes dispersés plutôt que sur des établissements français d'envergure. En 1699, les colons français établirent la Louisiane à l'embouchure du Mississipi, afin d'empêcher les autres puissances impériales de prendre le contrôle de la région.

Image_1_347

Pendant la majeure partie du XVIIème siècle, le Nouveau-Mexique fut constitué de Santa Fe et des pueblos et missions de la région de Rio Arriba. El Paso del Norte fut la deuxième ville à charte. Les Espagnols ne créèrent la province du Texas qu'au moment de l'arrivée des Français le long du golfe du Mexique. Des missionnaires venus du Mexique parcoururent l'Arizona et le Texas pour y fonder de nouveaux établissements et des missions comme tampons afin de protéger les territoires espagnols. En 1700, le Nouveau-Mexique n'était plus seul sur la frontière nord de la Nouvelle-Espagne.

Les Anglais établirent des colonies largement peuplées tout le long de la côte est. Il ne s'agissait pas de prolongements de la Virginie, mais bien d'entreprises distinctes, certaines poussées par la ferveur religieuse; d'autres, par des ambitions commerciales. La diversité des religions dans les colonies anglaises favorisa une immigration vigoureuse. Des Français protestants, des huguenots, ... préférèrent s'installer en Amérique du Nord britannique plutôt qu'en Nouvelle-France catholique.

On connait la suite ...

219 - Sollicitations

Sujet que je n'ai jamais abordé jusqu'à présent: les multiples sollicitations dont je fais l'objet en tant qu'expatrié.

Ancien élève d'une grande école française, blog sur le Québec, membre d'associations, réseau personnel, autant de raisons pour un expatrié d'être la cible de nombreuses demandes ayant toutes un point commun: le Québec ! Demandes de stages, d'informations, de conseils, d'articles de presse ... par des étudiants, des candidats à l'immigration, des touristes ou futurs retraités, des journalistes. Cela n'arrête pas, à un rythme parfois soutenu. Le mois dernier, une douzaine de demandes et une rencontre pour un article de presse à venir (dans Courrier Cadres en France).

Vu de l'extérieur, cela peut sembler flatteur et agréable à vivre. En réalité, c'est assez prenant et dévoreur de temps. Je réponds toujours à ces demandes de façon plus ou moins approfondie avec parfois du retard. Certains anciens contacts sont devenus des amis ou des fidèles.

Cette dimension originale de l'Expatrié n'était pas du tout prévue dans mon aventure canadienne !

204 - L'immigration en chiffres au Québec

Le mois dernier, j'ai assisté à une conférence réalisée par un fonctionnaire du Ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles (MICC) et ayant pour thème "Conduites culturelles en milieu de travail". Particulièrement intéressant, avec plusieurs données chiffrées et l'évocation de la culture au Québec et de ses valeurs.

Quelques éléments issus de cette présentation sur le Québec.

Un capital humain jeune, scolarisé, qualifié (en % du total des immigrants)

Moins de 35 ans 72%
Connaissance du français 60%
Scolarité équivalente ou supérieure
au collégial
65%
Données: MICC - 2007

À noter que le taux de scolarisation supérieure est deux fois plus important chez les immigrants que chez les Québécois.

Des origines géographiques diversifiées

Rang Pays Immigrants
    1 Maroc 3 612
    2 France 3 467
    3 Algérie 3 414
    4 Colombie 2 542
    5 Chine 2 471
    6 Roumanie 1 827
    7 Liban 1 826
    8 Mexique 1 304
    9 Haïti 1 293
   10 Iran 1 110
Données: MICC - 2007

Une population immigrée résidente diversifiée

Rang Pays Immigrants
1 Italie 65 550
2 France 59 210
3 Haïti 56 755
4 Chine 39 190
5 Liban 34 875
6 Maroc 33 560
7 Algérie 29 510
8 Roumanie 26 950
9 États-Unis 26 575
10 Viet Nam 24 445
Données: MICC - 2006
(données hors PVT, expatriés et étudiants)

La culture au Québec - les valeurs

Importance de l'engagement pris verbalement
Individualisme
Importance de la ponctualité
Forte valorisation du consensus
Évitement du conflit
Faible hiérarchie formelle
Capacité de perdre la face
(= capacité d'admettre ses erreurs)
Flexibilité
Forte valorisation de la participation
Égalitarisme
On garde une bulle autour de soi

J'ai souvent l'occasion - dans le cadre professionnel - de constater l'importance de ces valeurs qui peuvent surprendre bien des immigrants à leur arrivée: ponctualité, consensus/évitement du conflit, forte valorisation de la participation et faible hiérarchie formelle. Nouveau pays, nouvelle culture !

Problème:  Chose dont la seule utilité est de nous faire apprécier les moments où on n'en a pas.
 

d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)

193 - Bientôt la fin ...

Bientôt deux ans d'existence... près de 200 notes... des sujets variés sur notre découverte du Québec et sur notre vie quotidienne au Canada... des lecteurs, des commentaires, des rencontres, des échanges enrichissants.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Le regard n'est plus neuf, l'acuité de l'analyse diminue et les sujets s'épuisent. Petit à petit, insidieusement, on s'habitue à notre quotidien québécois. C'est moins nouveau, moins curieux, moins étonnant... donc moins stimulant à raconter. Normal...

J'en viens parfois à me demander si le "choc culturel" ne serait pas parfois inverse pour moi en revenant dans l'Hexagone. Car la France change elle aussi. Que certains se rassurent ... point de retour en vue, de mal du pays ou de déception canadienne. Juste une évolution naturelle des choses. Après l'expatriation en 2006, l'installation avec l'achat d'un logement il y a quelques mois puis le changement de statut professionnel (je me suis mis à mon compte en janvier), notre aventure canadienne évolue ...

Je n'ai jamais souhaité faire de ce blog un journal de bord relatant un quotidien : trop exhibitionniste et narcissique à mon goût. Aucune envie aussi de l'orienter vers des sujets d'actualité, vers l'international ou vers d'autres sujets en exposant mes opinions.

Ce blog n'aura donc plus de raison d'être prochainement...

140 - Le Québec: eldorado ou miroir aux alouettes ?

Peut-être une douche froide pour certains futurs immigrants qui liront cette note... toujours est-il qu'un article paru dans la Presse On est vraiment des étrangers, ici (10 déc 07) a fait du bruit dans le cercle des Français du Québec. Comment expliquer ce contraste entre des candidats au départ de l'Hexagone enthousiastes et quelque peu fascinés par le "mythique" Québec et ces vagues de retour de compatriotes déçus qui se sentent trahis par un pays qui ne correspond pas à ce qu'on leur avait "vendu" en France ?

Drapeau_francais Environ 3 000 Français (moins de 7% des 44 600 immigrants du Québec en 2006) débarqueraient ici chaque année en résidence permanente mais le nombre total de Français n'augmenterait pas. Donc le taux de retour au pays n'est pas négligeable.

Cela fait longtemps que je voulais écrire sur ce thème mais le sujet n'est pas simple: il faut tenter de rester objectif. Donc ne pas écrire dans la période d'euphorie qui suit l'arrivée dans la Belle Province et essayer d'éviter un écueil - ne relater que le point de vue des déçus que l'on entend assurément plus que ceux qui sont satisfaits.

Il est clair que le Québec fait un lobbying très actif via le Bureau de l'Immigration du Québec (BIQ) à Paris. L'objectif est simple: attirer le plus possible de francophones occidentaux, jeunes, instruits et plutôt "riches" pour contrer la dénatalité de la Province et conforter le poids du français dans cette partie du Canada.

Vie_au_qubec1

Un vrai plan marketing est développé dans ce sens. Des séances d'information gratuites sont organisées à Paris et, depuis cette année, en Province.
Pn_monttremblant  De beaux posters ornent les murs du BIQ: un coucher de soleil sur les Îles de la Madeleine, une course en chiens de traineau dans un nord enneigé, le splendide Château Frontenac dominant la cité de Québec ... autant d'images flatteuses, c'est tellement beau le Québec !
Rocher_perce Les livres, publications et autres hors-séries "Spécial Québec" à la gloire de la Belle Province se vendent très bien, paraît-il. On y évoque bien les problèmes de reconnaissance des diplômes ou l'existence des ordres professionnels mais cela n'altère en rien le résultat de cette opération de séduction. Les candidats au départ sont enthousiastes.

Rien de bien grave à tout cela. Il est normal que le Québec se vende. Le piège, le véritable danger, c'est de se contenter de cela, de ne pas s'informer davantage avant le grand saut. Et beaucoup de Français - j'en sais quelque chose par les messages que je peux recevoir - ne cherchent pas à en savoir plus et ne diversifient pas assez leurs sources d'information. D'où des déconvenues inévitables, une fois arrivés, lorsqu'on découvre la réalité d'ici. Citons, de façon non exhaustive:

> Les diplômes
La reconnaissance des diplômes n'est pas toujours facile - et encore, les Français ne sont pas les plus à plaindre - surtout si l'on a égaré les originaux. Plusieurs professions sont soumises à l'inscription parfois obligatoire à un ordre professionnel (45 ordres). Cette inscription est longue et contraignante. J'en sais quelque chose: j'ai testé pour vous ! L'Ordre des Ingénieurs du Québec (OIQ) - par exemple - réclame tous les relevés de notes originaux du Supérieur (prépas + école d'ingénieur) et les descriptifs détaillés des missions professionnelles réalisées chez tous les employeurs précédents (validés par ceux-ci bien-sûr !).

> Le travail
Le taux de chômage du Québec est le plus faible depuis 30 ans. Il existe une véritable pénurie de main d'oeuvre avec des panneaux qui fleurissent un peu partout devant les usines, les magasins, les chaînes de restauration rapides et autres restaurants. Et pourtant, certains Français restent parfois plusieurs mois à chercher sans trouver. Pourquoi ? Plusieurs raisons à cela. On peut en citer une. Trouver un poste non qualifié est très facile ici (à 8$ de l'heure !) mais trouver un poste qualifié correspondant à ses aspirations et à sa situation antérieure peut s'avérer très ardu. En l'absence d'expérience professionnelle nord-américaine, il faut être prêt à accepter une certaine déqualification afin de faire ses preuves. Certains ne l'acceptent pas. Il est vrai qu'après 35/40 ans pour certains immigrants, ce n'est pas évident, surtout avec des salaires canadiens moins élevés qu'en France.

Ne pas parler anglais est aussi un grand handicap surtout pour des postes à responsabilité même en terres francophones. Tous mes entretiens d'embauche se sont faits partiellement en anglais. C'est une réalité incontournable (désolé, Alcib ...).

> Le quotidien
Le mode de vie du quotidien est nord-américain avec parfois une sensibilité québécoise. Cela veut dire: société de consommation et alimentation nord-américaine. Je nuance peu mais on est plutôt loin du mode de vie que l'on connait en France.

> L'amitié
Beaucoup de Français repartent frustrés par le fait qu'ils n'aient pas pu établir de vraie amitié avec des Québécois. C'est normal, la notion de l'amitié n'est pas la même des deux côtés de l'Atlantique. Il faut du temps pour cela et décrypter les codes québécois.

> Quelques galères pas toujours faciles à vivre...
Citons le système de santé qui manque cruellement de moyens: les heures d'attente pour voir un praticien sont une réalité.
Pour les Français, le système scolaire québécois est souvent source de déceptions d'où le choix délibéré de l'un des deux collèges français du Québec pour l'instruction des enfants.
Le système bancaire canadien est aussi déroutant. Obtenir une première carte de crédit peut prendre beaucoup de temps car l'immigrant n'a pas d'historique de crédit canadien.

Un certain nombre de ces déceptions peut être anticipé si l'on a bien préparé son expatriation en s'informant suffisamment et en faisant un ou des voyages exploratoires au Québec. Si l'on est prêt à se remettre en question et à connaitre une période d'adaptation parfois difficile plus ou moins longue, on a déjà parcouru une partie du chemin. On ne vit ni mieux ni moins bien au Québec qu'en France, on vit différemment. Tout dépend ce que l'on vient y trouver.

Pour mes lecteurs fidèles, ce type de note doit être une surprise. Le ton général de ce blog est plutôt orienté vers la découverte enthousiaste. Cela n'empêche pas la lucidité et la prise de conscience de ce qu'est vraiment le Québec. Autre lecture intéressante pour ceux qui lisent en anglais: The Failures of French Immigration in Quebec du Wall Street Journal (13 août 07).

Pour finir, même s'il y a eu et s'il y a toujours des difficultés à surmonter, je ne regrette absolument pas cette expérience québécoise que je trouve - personnellement - enrichissante.

Déception: Sentiment amer qu'on va probablement éprouver si on tente quelque chose de risqué, mais qu'on est certain de ressentir si on ne tente rien.
 

d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)

139 - Corrèze

Lorsque l'on est expatrié, même loin, on garde toujours un lien affectif solide - nostalgie ? - avec une région d'origine. C'est la terre limousine qui représente pour moi des souvenirs forts et des attaches généalogiques du côté maternel. Plus précisément en Corrèze, département rural à l'Ouest du Massif Central. Cette région - aux paysages vallonnés, sources d'innombrables balades - propose une offre agroalimentaire riche: cèpes, foie gras, noix, châtaignes, pommes, myrtilles (bleuets), viande bovine, ...  C'est la porte d'entrée de la savoureuse cuisine gastronomique du Sud-Ouest.

Cpes_de_brive

Shane m'a récemment acheté cette belle plaque émaillée décorative d'une ancienne conserverie de Brive, principale cité de la région.

Pour l'anecdote, elle fut trouvée dans une librairie (Renaud-Bray) à Montréal ! Et évidemment, elle a été fabriquée ... en Chine ! Ah, la mondialisation ...

Généalogie: Science qui permet de remonter jusqu'aux ancêtres desquels on aurait voulu descendre.

 

d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)

Ma Photo

Météo

Cartes

Horloges

  • MONTREAL
  • PARIS - LIMOGES - BREST

juillet 2009

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    

Google Analytics