Suite de la précédente note avec la fin de la liste des éléments marquants découverts ces douze derniers mois...
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Alimentation
C'est souvent un sujet d'interrogation et d'inquiétude pour les immigrants français qui débarquent au Canada car l'Amérique du Nord a, en Europe, une solide réputation de pays de la "malbouffe". Ce n'est pas faux: les chaînes de restauration rapide colonisent les rues et zones commerciales et se déclinent sous plusieurs enseignes: Mac Do bien sûr, Harveys, Subway, Dunkin Donuts, et Tim Hortons en version canadienne ... Évidemment gras, sucré, salé, hypercalorique et peu varié, en format géant, donc participant au grave déséquilibre alimentaire dont souffre cette partie de la planète. Le taux d'obésité est élevé en Amérique du Nord, heureusement plus faible au Québec que sur le reste du continent. Mais prendre un repas dans un fast-food, c'est rapide, facile et cela "flatte" le palais pour pas cher. Bon, je crois qu'on a compris mon point de vue sur le sujet ...
On peut cependant bien manger à Montréal avec la multitude de restaurants qui s'offre pour les goûts les plus variés. Avec des gammes de prix pour toutes les bourses, depuis le buffet indien ou grec à volonté (et de qualité très correcte) pour 9,99$ jusqu'à des restaurants haut de gamme que j'ai peu l'occasion de fréquenter. Les restaurants français - que je dénigrais facilement lorsque j'étais simple touriste auparavant (= trop nouvelle cuisine et cher à mon goût) - font parfois nos délices lorsqu'une envie du pays nous prend. On en trouve de bons à des prix corrects où l'on peut apporter son vin autour du Plateau.
Évidemment, un "vrai" Français est forcément un peu malheureux ici. Il y manque le fromage affiné, le bon pain, la vraie charcuterie, le vin, l'apéro et le petit noir serré... ça fait beaucoup, diront certains. On peut trouver tout cela en réalité sur Montréal mais à des prix excessifs et "manger français" ici à tout prix n'est pas un grand signe d'adaptation et d'intégration.
Le Québec: langue et culture
Un grand étonnement en arrivant au Québec : la richesse culturelle. Grâce à des actions de soutien et de promotion efficaces de la culture francophone québécoise, la province (moins de huit millions d'habitants) a permis l'épanouissement d'une offre culturelle de qualité à travers le cinéma, la littérature, les arts du cirque, la chanson,... souvent trop peu diffusée en France. Le Québec se limite trop souvent à Céline Dion, Garou ou le Cirque du Soleil pour les Français.
Cette "francophonie d'ailleurs" est à l'origine de nombreux festivals sur Montréal qui rencontrent un large public (Juste pour rire, Nuits d'Afrique, Montréal en lumière, Cinéma québécois, ...). D'après une récente étude diffusée par La Presse, la richesse de l'offre culturelle francophone de Montréal ne serait surpassée que par celle de Paris.
Niveau de vie et prix
Tous les immigrants ne partageront pas forcément mon point de vue mais je trouve que le niveau de vie est meilleur ici qu'en France. Même si les salaires sont un peu plus faibles que dans l'Hexagone, les prix sont plus bas: énergie, vêtement, restaurant, électronique, loyer, séance de cinéma ... Bon nombre d'activités culturelles sont totalement gratuites sur Montréal : médiathèque, festivals de rue, ...
France et Presse québécoise
Le doux pays de mon enfance est très présent ici en termes culturel et médiatique (peu en terme économique). Peut-être y suis-je aussi plus réceptif qu'un Québécois ! Tous les événements qui touchent la France sont relatés dans les journaux du Québec: politique française, élections, festival de Cannes, Rolland Garros... mais aussi chanteurs, artistes, acteurs, écrivains, scientifiques. Les tournées mondiales des artistes français passent évidemment toutes par Montréal.
Je suis un fidèle auditeur de Radio Canada qui produit des émissions intéressantes et de qualité (à mon goût). Cette antenne francophone est assurément francophile. Il est pourtant très curieux d'observer l'attraction que constitue la France aux yeux d'une bonne partie de la population. La France - mère patrie - fascine par son histoire, sa culture, ses attraits touristiques. Un peu comme un miroir inversé de ce que représentent pour certains Français l'Amérique et New York.
Repères de quotidien
L'expatriation, c'est aussi une perte de ses repères du quotidien et l'apprentissage d'un nouvel environnement avec ses codes qu'il faut maîtriser. Ce n'est pas toujours simple mais la motivation et l'enthousiasme facilitent grandement les choses. Des exemples concrets pris dans mon univers professionnel.
J'ai eu la chance de trouver assez facilement, l'automne dernier, un poste d'encadrement en R et D / Qualité correspondant à mes compétences et à mes expériences antérieures. Cette mission de développement de produits nouveaux pour les marchés québécois et canadien se réalise en étroite collaboration avec les services ventes et marketing. Eh bien, il a été très difficile pour moi au début (et ça l'est toujours un peu aujourd'hui) de m'adapter à ce nouvel environnement nord américain. Nouvelles sociétés d'agroalimentaire, nouveau réseau de distribution (inconnu en Europe), nouvelles marques, habitudes alimentaires différentes, codes de consommation spécifiques, historique de consommation à découvrir ... bref, mes repères qui me semblaient familiers en France car forgés depuis l'enfance sont souvent inadaptés ici.
Prénom
Petit clin d'oeil pour finir sur la fréquence des prénoms qui n'est pas la même des deux côtés de l'océan. Il existe ici un grand nombre de prénoms québécois que je n'avais (quasiment) jamais entendus en France: Réal, Normand, Réjeanne, Réjean, Diane, Gervais... Pour l'anecdote, "Denis" - qui n'est pas très courant dans l'Hexagone - est au Québec extrêmement répandu ("Lise", prénom de ma soeur, est aussi assez présent !). Au travail, plusieurs Denis ou Denise ! Moi qui me croyais unique ... ;-)
Pour les douze points cités précédemment, je revendique une certaine subjectivité. C'est mon constat personnel après une année passée dans le pays. Peut-être un peu trop rose (je n'ai pas encore testé les services de santé !). Ma perception évoluera forcément avec le temps qui passe.
Clôture : Petite barrière qui rend le gazon plus vert de l'autre côté.
d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)
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