Expatriation - Immigration

204 - L'immigration en chiffres au Québec

Le mois dernier, j'ai assisté à une conférence réalisée par un fonctionnaire du Ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles (MICC) et ayant pour thème "Conduites culturelles en milieu de travail". Particulièrement intéressant, avec plusieurs données chiffrées et l'évocation de la culture au Québec et de ses valeurs.

Quelques éléments issus de cette présentation sur le Québec.

Un capital humain jeune, scolarisé, qualifié (en % du total des immigrants)

Moins de 35 ans 72%
Connaissance du français 60%
Scolarité équivalente ou supérieure
au collégial
65%
Données: MICC - 2007

À noter que le taux de scolarisation supérieure est deux fois plus important chez les immigrants que chez les Québécois.

Des origines géographiques diversifiées

Rang Pays Immigrants
    1 Maroc 3 612
    2 France 3 467
    3 Algérie 3 414
    4 Colombie 2 542
    5 Chine 2 471
    6 Roumanie 1 827
    7 Liban 1 826
    8 Mexique 1 304
    9 Haïti 1 293
   10 Iran 1 110
Données: MICC - 2007

Une population immigrée résidente diversifiée

Rang Pays Immigrants
1 Italie 65 550
2 France 59 210
3 Haïti 56 755
4 Chine 39 190
5 Liban 34 875
6 Maroc 33 560
7 Algérie 29 510
8 Roumanie 26 950
9 États-Unis 26 575
10 Viet Nam 24 445
Données: MICC - 2006
(données hors PVT, expatriés et étudiants)

La culture au Québec - les valeurs

Importance de l'engagement pris verbalement
Individualisme
Importance de la ponctualité
Forte valorisation du consensus
Évitement du conflit
Faible hiérarchie formelle
Capacité de perdre la face
(= capacité d'admettre ses erreurs)
Flexibilité
Forte valorisation de la participation
Égalitarisme
On garde une bulle autour de soi

J'ai souvent l'occasion - dans le cadre professionnel - de constater l'importance de ces valeurs qui peuvent surprendre bien des immigrants à leur arrivée: ponctualité, consensus/évitement du conflit, forte valorisation de la participation et faible hiérarchie formelle. Nouveau pays, nouvelle culture !

Problème:  Chose dont la seule utilité est de nous faire apprécier les moments où on n'en a pas.
 

d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)

193 - Bientôt la fin ...

Bientôt deux ans d'existence... près de 200 notes... des sujets variés sur notre découverte du Québec et sur notre vie quotidienne au Canada... des lecteurs, des commentaires, des rencontres, des échanges enrichissants.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Le regard n'est plus neuf, l'acuité de l'analyse diminue et les sujets s'épuisent. Petit à petit, insidieusement, on s'habitue à notre quotidien québécois. C'est moins nouveau, moins curieux, moins étonnant... donc moins stimulant à raconter. Normal...

J'en viens parfois à me demander si le "choc culturel" ne serait pas parfois inverse pour moi en revenant dans l'Hexagone. Car la France change elle aussi. Que certains se rassurent ... point de retour en vue, de mal du pays ou de déception canadienne. Juste une évolution naturelle des choses. Après l'expatriation en 2006, l'installation avec l'achat d'un logement il y a quelques mois puis le changement de statut professionnel (je me suis mis à mon compte en janvier), notre aventure canadienne évolue ...

Je n'ai jamais souhaité faire de ce blog un journal de bord relatant un quotidien : trop exhibitionniste et narcissique à mon goût. Aucune envie aussi de l'orienter vers des sujets d'actualité, vers l'international ou vers d'autres sujets en exposant mes opinions.

Ce blog n'aura donc plus de raison d'être prochainement...

140 - Le Québec: eldorado ou miroir aux alouettes ?

Peut-être une douche froide pour certains futurs immigrants qui liront cette note... toujours est-il qu'un article paru dans la Presse On est vraiment des étrangers, ici (10 déc 07) a fait du bruit dans le cercle des Français du Québec. Comment expliquer ce contraste entre des candidats au départ de l'Hexagone enthousiastes et quelque peu fascinés par le "mythique" Québec et ces vagues de retour de compatriotes déçus qui se sentent trahis par un pays qui ne correspond pas à ce qu'on leur avait "vendu" en France ?

Drapeau_francais Environ 3 000 Français (moins de 7% des 44 600 immigrants du Québec en 2006) débarqueraient ici chaque année en résidence permanente mais le nombre total de Français n'augmenterait pas. Donc le taux de retour au pays n'est pas négligeable.

Cela fait longtemps que je voulais écrire sur ce thème mais le sujet n'est pas simple: il faut tenter de rester objectif. Donc ne pas écrire dans la période d'euphorie qui suit l'arrivée dans la Belle Province et essayer d'éviter un écueil - ne relater que le point de vue des déçus que l'on entend assurément plus que ceux qui sont satisfaits.

Il est clair que le Québec fait un lobbying très actif via le Bureau de l'Immigration du Québec (BIQ) à Paris. L'objectif est simple: attirer le plus possible de francophones occidentaux, jeunes, instruits et plutôt "riches" pour contrer la dénatalité de la Province et conforter le poids du français dans cette partie du Canada.

Vie_au_qubec1

Un vrai plan marketing est développé dans ce sens. Des séances d'information gratuites sont organisées à Paris et, depuis cette année, en Province.
Pn_monttremblant  De beaux posters ornent les murs du BIQ: un coucher de soleil sur les Îles de la Madeleine, une course en chiens de traineau dans un nord enneigé, le splendide Château Frontenac dominant la cité de Québec ... autant d'images flatteuses, c'est tellement beau le Québec !
Rocher_perce Les livres, publications et autres hors-séries "Spécial Québec" à la gloire de la Belle Province se vendent très bien, paraît-il. On y évoque bien les problèmes de reconnaissance des diplômes ou l'existence des ordres professionnels mais cela n'altère en rien le résultat de cette opération de séduction. Les candidats au départ sont enthousiastes.

Rien de bien grave à tout cela. Il est normal que le Québec se vende. Le piège, le véritable danger, c'est de se contenter de cela, de ne pas s'informer davantage avant le grand saut. Et beaucoup de Français - j'en sais quelque chose par les messages que je peux recevoir - ne cherchent pas à en savoir plus et ne diversifient pas assez leurs sources d'information. D'où des déconvenues inévitables, une fois arrivés, lorsqu'on découvre la réalité d'ici. Citons, de façon non exhaustive:

> Les diplômes
La reconnaissance des diplômes n'est pas toujours facile - et encore, les Français ne sont pas les plus à plaindre - surtout si l'on a égaré les originaux. Plusieurs professions sont soumises à l'inscription parfois obligatoire à un ordre professionnel (45 ordres). Cette inscription est longue et contraignante. J'en sais quelque chose: j'ai testé pour vous ! L'Ordre des Ingénieurs du Québec (OIQ) - par exemple - réclame tous les relevés de notes originaux du Supérieur (prépas + école d'ingénieur) et les descriptifs détaillés des missions professionnelles réalisées chez tous les employeurs précédents (validés par ceux-ci bien-sûr !).

> Le travail
Le taux de chômage du Québec est le plus faible depuis 30 ans. Il existe une véritable pénurie de main d'oeuvre avec des panneaux qui fleurissent un peu partout devant les usines, les magasins, les chaînes de restauration rapides et autres restaurants. Et pourtant, certains Français restent parfois plusieurs mois à chercher sans trouver. Pourquoi ? Plusieurs raisons à cela. On peut en citer une. Trouver un poste non qualifié est très facile ici (à 8$ de l'heure !) mais trouver un poste qualifié correspondant à ses aspirations et à sa situation antérieure peut s'avérer très ardu. En l'absence d'expérience professionnelle nord-américaine, il faut être prêt à accepter une certaine déqualification afin de faire ses preuves. Certains ne l'acceptent pas. Il est vrai qu'après 35/40 ans pour certains immigrants, ce n'est pas évident, surtout avec des salaires canadiens moins élevés qu'en France.

Ne pas parler anglais est aussi un grand handicap surtout pour des postes à responsabilité même en terres francophones. Tous mes entretiens d'embauche se sont faits partiellement en anglais. C'est une réalité incontournable (désolé, Alcib ...).

> Le quotidien
Le mode de vie du quotidien est nord-américain avec parfois une sensibilité québécoise. Cela veut dire: société de consommation et alimentation nord-américaine. Je nuance peu mais on est plutôt loin du mode de vie que l'on connait en France.

> L'amitié
Beaucoup de Français repartent frustrés par le fait qu'ils n'aient pas pu établir de vraie amitié avec des Québécois. C'est normal, la notion de l'amitié n'est pas la même des deux côtés de l'Atlantique. Il faut du temps pour cela et décrypter les codes québécois.

> Quelques galères pas toujours faciles à vivre...
Citons le système de santé qui manque cruellement de moyens: les heures d'attente pour voir un praticien sont une réalité.
Pour les Français, le système scolaire québécois est souvent source de déceptions d'où le choix délibéré de l'un des deux collèges français du Québec pour l'instruction des enfants.
Le système bancaire canadien est aussi déroutant. Obtenir une première carte de crédit peut prendre beaucoup de temps car l'immigrant n'a pas d'historique de crédit canadien.

Un certain nombre de ces déceptions peut être anticipé si l'on a bien préparé son expatriation en s'informant suffisamment et en faisant un ou des voyages exploratoires au Québec. Si l'on est prêt à se remettre en question et à connaitre une période d'adaptation parfois difficile plus ou moins longue, on a déjà parcouru une partie du chemin. On ne vit ni mieux ni moins bien au Québec qu'en France, on vit différemment. Tout dépend ce que l'on vient y trouver.

Pour mes lecteurs fidèles, ce type de note doit être une surprise. Le ton général de ce blog est plutôt orienté vers la découverte enthousiaste. Cela n'empêche pas la lucidité et la prise de conscience de ce qu'est vraiment le Québec. Autre lecture intéressante pour ceux qui lisent en anglais: The Failures of French Immigration in Quebec du Wall Street Journal (13 août 07).

Pour finir, même s'il y a eu et s'il y a toujours des difficultés à surmonter, je ne regrette absolument pas cette expérience québécoise que je trouve - personnellement - enrichissante.

Déception: Sentiment amer qu'on va probablement éprouver si on tente quelque chose de risqué, mais qu'on est certain de ressentir si on ne tente rien.
 

d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)

139 - Corrèze

Lorsque l'on est expatrié, même loin, on garde toujours un lien affectif solide - nostalgie ? - avec une région d'origine. C'est la terre limousine qui représente pour moi des souvenirs forts et des attaches généalogiques du côté maternel. Plus précisément en Corrèze, département rural à l'Ouest du Massif Central. Cette région - aux paysages vallonnés, sources d'innombrables balades - propose une offre agroalimentaire riche: cèpes, foie gras, noix, châtaignes, pommes, myrtilles (bleuets), viande bovine, ...  C'est la porte d'entrée de la savoureuse cuisine gastronomique du Sud-Ouest.

Cpes_de_brive

Shane m'a récemment acheté cette belle plaque émaillée décorative d'une ancienne conserverie de Brive, principale cité de la région.

Pour l'anecdote, elle fut trouvée dans une librairie (Renaud-Bray) à Montréal ! Et évidemment, elle a été fabriquée ... en Chine ! Ah, la mondialisation ...

Généalogie: Science qui permet de remonter jusqu'aux ancêtres desquels on aurait voulu descendre.

 

d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)

120 - Éloignement

Il y a certains moments dans la vie d'un expatrié où l'éloignement d'avec la France se fait cruellement sentir. Les proches sont loin et semblent difficilement accessibles. Bien-sûr, il existe les moyens de communication modernes: faciles, rapides, économiques tels MSN, skype, free, yak... inconnus il y a seulement dix ans. Mais cela ne remplace pas le contact, l'échange de vive-voix bref la vraie rencontre.

Impossible donc d'envisager une escapade d'un week-end comme je le faisais souvent autrefois en France. Un simple billet de train, une virée en voiture et hop ! On pouvait se retrouver facilement près d'un proche pour quelques jours (ou heures) de rencontre à quelques centaines de kilomètres du lieu de résidence.

Ceci est particulièrement difficile lorsqu'un parent ou ami est atteint par la maladie ou la détresse et que l'on aimerait tant être présent à ses côtés pour lui parler, le soutenir, le réconforter et renforcer un lien. Mais c'est impossible...

Je m'en suis vraiment rendu compte avec l'histoire d'un ami proche qui a traversé et traverse toujours des moments très éprouvants en terme de santé sur une période longue. De loin, je peux suivre ces étapes mais sans pouvoir être proche physiquement. Heureusement, cet ami est bien entouré avec une épouse dévouée.

Rosa_3 Autre prise de conscience cette semaine, avec la détérioration quasi irréversible (coma) de l'état de santé de Rosa à l'hôpital, une dame âgée d'origine corse que j'ai toujours considérée comme étant ma grand-mère de Corrèze (n'ayant jamais connu ma grand-mère maternelle).

Que faire depuis Montréal ? Pas grand chose, hélas. Attendre et regretter de ne pas l'avoir appelée plus souvent dernièrement.

Bien sûr, c'est la vie ! Ce sont des situations qu'il faut accepter quand on est expatrié, loin des siens.

< Rosa s'est éteinte le 28 octobre >

Futur : Du temps en conserve.

 

d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)

116 - Vivre à l'étranger

Je reçois assez souvent des demandes de certains lecteurs qui envisagent de se lancer dans une "aventure canadienne". Mes réponses sont plus ou moins rapides suivant les questions posées, mes disponibilités... et ma motivation du moment ! Cependant, je ne peux que conseiller aux candidats au départ de s'informer au maximum pour construire leur projet en diversifiant leurs sources: guides, revues, amis, contacts, sites internet, blogs, ...

Vivre_ltranger_canada

Dernier né: le numéro Canada de Vivre à l'étranger auquel j'ai (modestement) participé. Il parait début octobre en France et quelques semaines plus tard - a priori - au Québec. Bonne lecture !

Expérience: La somme des choses apprises trop tard pour être utiles.

 

d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)

95 - Alberto ou le rêve canadien

Alberto est équatorien: un ami rencontré lors d'une session d'information organisée par le MICC sur "les réalités économiques du Québec" à Montréal en septembre dernier. Nos rencontres en différentes occasions nous ont permis de mieux nous connaître et de nouer une véritable amitié.

Disfrutando_de_las_nieves_3
Avec Alberto (à droite) à la Fête des Neiges de Montréal (28 Jan 07)

Originaire de Quito, Alberto a vécu en Équateur l'essentiel de sa vie et pour quelques années en Uruguay où il a étudié au conservatoire le piano classique quand il était jeune. Par la suite, il apprendra seul la guitare et la basse. Ses études universitaires à Quito terminées, Alberto travaille dans des institutions bancaires. Travail peu motivant, peu de possibilités d'évolution, ... Alberto dépose dès 2003 une demande pour obtenir un visa pour le Québec. Pourquoi le Québec ? Plus rapide que le Canada anglophone et moins loin que l'Australie également envisagée.

Pendant les trois longues années d'attente avant l'obtention du fameux sésame, Alberto se constitue une épargne et apprend le français à l'Alliance française en suivant quatre trimestres de cours (prix assez élevé, ce qui peut sembler choquant lorsque l'on parle de promouvoir la francophonie dans le monde). Séparation émouvante d'avec ses parents, sa soeur, son amie ... et son jeune neveu Martin âgé de 6 ans avant de partir pour fouler pour la première fois le sol canadien le 22 août 2006. Pas de grand déménagement, pas d'amis ou famille au Québec, pas de travail à la descente de l'avion. Juste des valises bien remplies et l'espoir d'un avenir meilleur dans un pays accueillant.

Alberto s'installe à Montréal dans un petit meublé du quartier Hochelaga-Maisonneuve. Il entreprend ses démarches de nouvel immigrant avant de s'informer et de prospecter le marché du travail. C'est lors de l'une de ces séances d'information que nous nous sommes connus. Les cours de français gratuits permettent de faire des progrès: 3 heures de cours, 4 jours par semaine. Alberto retrouve aussi des compatriotes de la petite communauté équatorienne de Montréal. Au bout de quelques mois, il trouve un boulot dans une imprimerie de Laval. Difficile alors de concilier travail, transport, cours à distance (finances) et cours de français dans une même journée ... il faut renoncer au cours de français.

Au printemps, stimulé par son patron d'origine équatorienne, Alberto décide de se consacrer à sa passion: le son et la musique. Il s'inscrit au CEGEP (= études post secondaires) de Drummondville à 100 km de Montréal en vue d'obtenir un diplôme en Sonorisation et Enregistrement. Arrivée fin juillet dans cette "petite" ville pour emménager dans un agréable 2 1/2, au prix plus doux qu'à Montréal. A 32 ans,Alberto a gardé le même enthousiasme pour étudier quelques années - avec l'aide d'une bourse - avant de pouvoir travailler dans son nouveau pays d'accueil, le Canada.

La rentrée est dans trois jours ... Bon courage, Alberto !

Musicien : Sculpteur d'air.

 

d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)

93 - Séjour en France

Rentrer en France pour se "ressourcer" et revoir ses proches est un moment très agréable ... mais constitue un véritable casse-tête pour un expatrié la première année. On souhaite bien-sûr revoir famille et amis, dispersés dans l'Hexagone. On veut retrouver des lieux familiers: ville, village, paysage ou simplement une maison. Et profiter de petits plaisirs simples: gastronomiques bien-sûr ("vraie" charcuterie, fromage et vins) mais aussi visuels, tactiles, sonores, ... à travers mille petits riens qui constituent un environnement familier.

Le casse-tête débute quand on commence à remplir un calendrier avec des noms, des lieux, des dates (et des heures !). Beaucoup trop de personnes à voir, lieux trop éloignés et évidemment trop peu de jours. A force de faire des combinaisons multiples pour tenter de concilier tous ces éléments, on finit par construire une trame improbable. Certains lieux ou personnes sont "éliminés" à regret. Exit les Pyrénées pour cette année. Peut-être en 2008 ...

Mes 19 jours en France en juin dernier furent une succession de retrouvailles et moments heureux. Il m'en reste pourtant un petit goût amer de marathon minuté et de vacances qui n'en sont pas vraiment. Les rencontres dans un créneau horaire limité sont extrêmement frustrantes car l' "effet sablier" est trop perceptible. 51 personnes revues en juin. Tous les expatriés rencontrent - parait il - ces difficultés lors du premier retour. Pour l'an prochain, il faudra s'organiser différemment.

Quelques photos de lieux ou d'événements marquants prises pendant ce séjour.

CLIQUER SUR LES PHOTOS POUR LES AGRANDIR (juin 07)

P6170082
Château de Montbrun - Dournazac - Haute-Vienne

Chapelle_st_aurlien_limoges
Chapelle Saint Aurélien - Limoges - Haute-Vienne

La_bourboule
La Bourboule - Puy-de-Dôme

Les_grandes_dalles_seine_maritime
Falaise des Grandes Dalles - Pays de Caux - Seine-Maritime

M14_olympiades
Clin d'oeil à l'extension de la ligne orange du métro de Montréal (Laval) - Ouverture de la station Olympiades de la ligne 14 du métro parisien le 26 juin 2007 (298 ème station)

Bien_francais
Un feu dans la cheminée, du bon jambon, du pain de seigle, du fromage et un bon vin... hummm !

Pauillac_1971
Lynch-Moussas - Pauillac 1971...

Ce qui suit est plus personnel et concerne tous ceux et celles que j'ai eu le plaisir de revoir en juin. Un album photo est disponible. Pardon à ceux qui n'y sont pas - j'ai parfois oublié de prendre des photos sur le moment - ou qui n'apparaissent qu'une fois: les photos n'étaient pas toutes réussies, la faute étant à attribuer au photographe !

Oui : Contraire de peut-être.

 

d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)

81 - Premier cadran ... et fin !

Suite de la précédente note avec la fin de la liste des éléments marquants découverts ces douze derniers mois...

CLIQUER SUR LES PHOTOS POUR LES AGRANDIR 

Alimentation
C'est souvent un sujet d'interrogation et d'inquiétude pour les immigrants français qui débarquent au Canada car l'Amérique du Nord a, en Europe, une solide réputation de pays de la "malbouffe". Ce n'est pas faux: les chaînes de restauration rapide colonisent les rues et zones commerciales et se déclinent sous plusieurs enseignes: Mac Do bien sûr, Harveys, Subway, Dunkin Donuts, et Tim Hortons en version canadienne ... Évidemment gras, sucré, salé, hypercalorique et peu varié, en format géant, donc participant au grave déséquilibre alimentaire dont souffre cette partie de la planète. Le taux d'obésité est élevé en Amérique du Nord, heureusement plus faible au Québec que sur le reste du continent. Mais prendre un repas dans un fast-food, c'est rapide, facile et cela "flatte" le palais pour pas cher. Bon, je crois qu'on a compris mon point de vue sur le sujet ...

P5190053 P2170031 P2170033

On peut cependant bien manger à Montréal avec la multitude de restaurants qui s'offre pour les goûts les plus variés. Avec des gammes de prix pour toutes les bourses, depuis le buffet indien ou grec à volonté (et de qualité très correcte) pour 9,99$ jusqu'à des restaurants haut de gamme que j'ai peu l'occasion de fréquenter. Les restaurants français - que je dénigrais facilement lorsque j'étais simple touriste auparavant (= trop nouvelle cuisine et cher à mon goût) - font parfois nos délices lorsqu'une envie du pays nous prend. On en trouve de bons à des prix corrects où l'on peut apporter son vin autour du Plateau.

P4010009 P3310001 P4210031

Évidemment, un "vrai" Français est forcément un peu malheureux ici. Il y manque le fromage affiné, le bon pain, la vraie charcuterie, le vin, l'apéro et le petit noir serré... ça fait beaucoup, diront certains. On peut trouver tout cela en réalité sur Montréal mais à des prix excessifs et "manger français" ici à tout prix n'est pas un grand signe d'adaptation et d'intégration.

Le Québec: langue et culture
Un grand étonnement en arrivant au Québec : la richesse culturelle. Grâce à des actions de soutien et de promotion efficaces de la culture francophone québécoise, la province (moins de huit millions d'habitants) a permis l'épanouissement d'une offre culturelle de qualité à travers le cinéma, la littérature, les arts du cirque, la chanson,... souvent trop peu diffusée en France. Le Québec se limite trop souvent à Céline Dion, Garou ou le Cirque du Soleil pour les Français.

Arrt2 

Cette "francophonie d'ailleurs" est à l'origine de nombreux festivals sur Montréal qui rencontrent un large public (Juste pour rire, Nuits d'Afrique, Montréal en lumière, Cinéma québécois, ...). D'après une récente étude diffusée par La Presse, la richesse de l'offre culturelle francophone de Montréal ne serait surpassée que par celle de Paris.

Niveau de vie et prix
Tous les immigrants ne partageront pas forcément mon point de vue mais je trouve que le niveau de vie est meilleur ici qu'en France. Même si les salaires sont un peu plus faibles que dans l'Hexagone, les prix sont plus bas: énergie, vêtement, restaurant, électronique, loyer, séance de cinéma ... Bon nombre d'activités culturelles sont totalement gratuites sur Montréal : médiathèque, festivals de rue, ...

France et Presse québécoise
Le doux pays de mon enfance est très présent ici en termes culturel et médiatique (peu en terme économique). Peut-être y suis-je aussi plus réceptif qu'un Québécois ! Tous les événements qui touchent la France sont relatés dans les journaux du Québec: politique française, élections, festival de Cannes, Rolland Garros... mais aussi chanteurs, artistes, acteurs, écrivains, scientifiques. Les tournées mondiales des artistes français passent évidemment toutes par Montréal.

Je suis un fidèle auditeur de Radio Canada qui produit des émissions intéressantes et de qualité (à mon goût). Cette antenne francophone est assurément francophile. Il est pourtant très curieux d'observer l'attraction que constitue la France aux yeux d'une bonne partie de la population. La France - mère patrie - fascine par son histoire, sa culture, ses attraits touristiques. Un peu comme un miroir inversé de ce que représentent pour certains Français l'Amérique et New York.

Repères de quotidien
L'expatriation, c'est aussi une perte de ses repères du quotidien et l'apprentissage d'un nouvel environnement avec ses codes qu'il faut maîtriser. Ce n'est pas toujours simple mais la motivation et l'enthousiasme facilitent grandement les choses. Des exemples concrets pris dans mon univers professionnel.

P2170035 P2170039 P2170032

J'ai eu la chance de trouver assez facilement, l'automne dernier, un poste d'encadrement en R et D / Qualité correspondant à mes compétences et à mes expériences antérieures. Cette mission de développement de produits nouveaux pour les marchés québécois et canadien se réalise en étroite collaboration avec les services ventes et marketing. Eh bien, il a été très difficile pour moi au début (et ça l'est toujours un peu aujourd'hui) de m'adapter à ce nouvel environnement nord américain. Nouvelles sociétés d'agroalimentaire, nouveau réseau de distribution (inconnu en Europe), nouvelles marques, habitudes alimentaires différentes, codes de consommation spécifiques, historique de consommation à découvrir ... bref, mes repères qui me semblaient familiers en France car forgés depuis l'enfance sont souvent inadaptés ici.

Prénom
Petit clin d'oeil pour finir sur la fréquence des prénoms qui n'est pas la même des deux côtés de l'océan. Il existe ici un grand nombre de prénoms québécois que je n'avais (quasiment) jamais entendus en France: Réal, Normand, Réjeanne, Réjean, Diane, Gervais... Pour l'anecdote, "Denis" - qui n'est pas très courant dans l'Hexagone - est au Québec extrêmement répandu ("Lise", prénom de ma soeur, est aussi assez présent !). Au travail, plusieurs Denis ou Denise ! Moi qui me croyais unique ... ;-)

Pour les douze points cités précédemment, je revendique une certaine subjectivité. C'est mon constat personnel après une année passée dans le pays. Peut-être un peu trop rose (je n'ai pas encore testé les services de santé !). Ma perception évoluera forcément avec le temps qui passe.

Clôture : Petite barrière qui rend le gazon plus vert de l'autre côté.

 

d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)

80 - Premier cadran ... suite

Une première année qui se termine. Petit inventaire à la Prévert en douze points d'éléments qui m'ont marqué, surpris ou déçu, pendant ces douze mois d'expatriation canadienne...

Canada_2

CLIQUER SUR LES PHOTOS POUR LES AGRANDIR 

Les rythmes de la journée
Peut-être un des changements le plus important pour moi: lunch rapide à midi et journée de travail se terminant plus tôt qu'en France (pour les cadres). A 17h/18h, on est (presque) toujours rentré chez soi, ce qui permet de réaliser des activités dans la soirée: sport, sorties culturelles, bénévolat, cours... rythme totalement nouveau pour moi. Côté courses et ravitaillement, les plages horaires des supermarchés du quartier sont incroyables (et déclencheraient immédiatement des conflits sociaux en France). De 8h à 23h, tous les jours de la semaine, dimanche compris...

Ouverture

Montréal, ville verte
Montréal est une cité étonnamment verte et aérée. Plusieurs centaines de parcs ou d'espaces verts, des pistes cyclables, des immeubles bas (pas plus de deux étages dans de nombreux quartiers), ... on ne ressent pas l'impression d'étouffement de certaines métropoles occidentales. Beaucoup d'habitants n'ont pas de voiture. Le vélo est couramment utilisé. Différent de Paris où l'idée même de se déplacer en vélo semble suicidaire. Environnement agréable donc même si l'on est en ville. Rien de telle qu'une marche à travers les quartiers de la ville pour découvrir escaliers, balcons fleuris, passages cachés et jardins communautaires.

Escaliers_montral
Escaliers sur l'avenue du Parc Lafontaine

S'équiper à peu de frais
Il est courant de trouver sur les trottoirs des objets ou petits meubles - parfois en bon état - dont leurs propriétaires ne veulent plus. Il les dépose devant chez eux et les passants intéressés peuvent emporter ce butin. Ces échanges qui offrent une seconde vie à une multitude d'objets sont naturels pour les habitants. Quelques trophées provenant de nos promenades montréalaises...

Lampe Casier_3 Colonne_platre_2
Une lampe, un casier de rangement, une colonne en plâtre

Un monde sans tabac
Suivant le modèle américain, le Québec a totalement banni le tabac des lieux publics clos, des restaurants et bars, des entreprises ... les Québécois sont respectueux de la loi et fument à l'extérieur même par grand froid. Il devient très agréable de fréquenter restos et bars sans ressentir en entrant dans ces lieux une odeur pénible de tabac qui imprègne les vêtements. Vous l'avez deviné, je suis non fumeur !

Tabac_2

Contraste des saisons
Chaque saison a ses attraits. Le passage d'une saison à une autre peut se faire de façon brutale avec de fortes amplitudes de température. D'où l'importance de suivre les bulletins météorologiques. Des chaines sont d'ailleurs totalement dédiées à la météo 24 heures sur 24.

L'été est chaud et humide rendant certaines journées difficiles à supporter. La climatisation est quasi généralisée dans les magasins, centres commerciaux, lieux de travail, voitures. Elle tend à se développer chez les particuliers. Les condos récents ont la clim d'origine. Quant aux autres logements, ils sont souvent équipés de blocs climatiseurs achetés par leurs occupants et bien visibles de l'extérieur au niveau des fenêtres. C'est aussi la saison des touristes qui envahissent les vieux quartiers et les attractions.

Montral_et_2  Lachine_et
Bords de canal à Montréal

L'automne est une saison de transition qui offre de somptueuses couleurs avec un cocktail de rouge, brun, orange, jaune, vert. Pas d'été indien l'année dernière car la saison fut plutôt pluvieuse mais cela n'a pas empêché de faire de belles photos.

Outaouais_automne Automne
En Outaouais et dans les Cantons de l'Est

Conformément à l'image que l'on en a en France, l'hiver canadien est long et parfois très froid avec des températures ressenties en dessous des moins 30 degrés. Abondantes chutes de neige, rivières gelées, paysages blancs pendant de longs mois, ... cette découverte de l'hiver fut jubilatoire pour moi parce qu'inconnue jusque là. Vêtements chauds, isolation poussée des habitations, armée d'engins pour déblayer la neige, ... font qu'on ne souffre peu des rigueurs de cette saison extrême sur Montréal. Ce n'est pas pour moi une saison triste.

St_come_hutte St_laurent_gel
Hutte de glace à St Come et St Laurent gelé vers Québec

Le printemps est évidemment le retour de la vie. Une victoire de la nature sur les éléments extrêmes. La croûte de glace des rivières craque, le vert des prés réapparait sous la neige, les températures restent positives durablement et les fleurs envahissent les parcs, jardins et balconnières. On ressent ce changement chez les Montréalais. On se remet à sortir, les terrasses s'installent, les manteaux disparaissent, les jupes, bermudas et tee-shirts resurgissent. Peut-être la plus belle saison...

Arbre_en_fleurs Pelouses
Fleurs dans le parc Maisonneuve et pelouses du Vieux Port

Les mesures
Mettre le plat dans un four et le réchauffer à 350F, louer un condo de 1100 pieds carrés avec un plafond d'une hauteur de 8 pieds, acheter des pommes à 1,49$ la livre, mesurer 5 pieds et 7 pouces (= moi !), consommer un produit frais ayant pour date limite 07 MA 09 (9 mai 2007) ... autant d'unités ou de codes qui ne sont pas vraiment familiers quand on vient d'Europe et qu'il faut apprendre. Amusant au début car cela participe au dépaysement. Les unités internationales sont officiellement en vigueur au Canada depuis de nombreuses années (mètre, kilogramme, litre, degré Celcius) mais ne sont pas toujours utilisées dans la vie courante.

Suite à venir dans la prochaine note... juste avant le départ pour la France.

Préjugés : Les oeillères de l'esprit.

 

d'après le Dictionnaire inutile … mais pratique de Michel Lauzière avec autorisation de l’éditeur (Editions au Carré)

Ma Photo

Météo

Cartes

Horloges

  • MONTREAL
  • PARIS - LIMOGES - BREST